Thomas Figved

IA & Éthique

Ma position sur l'IA

J'utilise l'IA dans mon travail. J'ai aussi des réserves. Cette page essaie de concilier les deux.

Ce qu'elle apporte

L'IA est vraiment utile pour développer. Nier ça serait malhonnête.

Elle me fait gagner du temps. Elle me permet de prendre en main des outils et des frameworks que je ne connais pas bien encore sans les semaines de montée en compétence que ça demandait avant. Quand je suis bloqué, elle fait remonter des solutions qui existent déjà — des patterns, des librairies, des approches auxquelles je ne serais pas arrivé seul, ou pas aussi vite. Elle ne pense pas à ma place, mais c'est un bon interlocuteur.

Des problèmes trop complexes ou trop lents pour nous seuls deviennent abordables.

Au bout de quelques années à faire le même type de boulot, le travail avait perdu son sel. L'IA a changé ça. La boucle de travail n'est plus la même. Moins de boilerplate, plus de décisions, d'architecture, de résolution de vrais problèmes. Le métier est redevenu intéressant.

Ce portfolio a été construit avec Claude. L'architecture des composants, le pipeline qualité, la couverture de tests — j'ai pris les décisions, rédigé les specs, relu chaque ligne. L'IA s'est chargée de l'implémentation.

En dehors de l'informatique, l'IA accélère déjà la recherche en médecine, en climatologie et en science des matériaux. Des problèmes trop complexes ou trop lents pour nous seuls deviennent abordables. Le coût est réel, mais le potentiel l'est aussi.

Mon outil de prédilection est Claude. C'est le modèle de code que je trouve le plus fiable aujourd'hui, et il y a une vraie communauté de développeurs qui travaille avec au quotidien.

Ce que ça coûte

Cela dit, ça ne vient pas sans conséquences.

Former un LLM, ça consomme des quantités d'énergie et d'eau difficiles à se représenter. Le faire tourner aussi. Une seule requête ChatGPT consomme environ cinq fois plus d'électricité qu'une recherche Google. Multipliez par des millions d'utilisateurs, toute la journée, tous les jours, et les chiffres deviennent très concrets. La consommation électrique mondiale des data centers devrait plus que doubler d'ici 2026. Cette énergie produit du CO2. Elle a besoin de refroidissement, et le refroidissement a besoin d'eau. Dans les régions déjà en stress hydrique, ces litres sont pris quelque part. Et les pays qui possèdent les data centers dicteront les règles pour tout le monde.

Et puis il y a ce que ça fait au travail. Avant, un dev qui débarquait dans une équipe passait des semaines à lire le code, poser des questions, se planter — c'est comme ça qu'on finissait par comprendre un système. Aujourd'hui on attend autre chose : branche l'IA, livre dès le premier jour. Une étude de la Harvard Business Review montre que 60 % des entreprises ont déjà supprimé des postes en anticipation de l'IA. Pas parce qu'elle avait fait ses preuves. En anticipation. Les postes ont sauté avant même que la techno soit capable de les remplacer. Les salaires se compriment. Le savoir-faire perd sa valeur. Ça porte un nom : l'aliénation. Et ce n'est pas qu'un concept abstrait. C'est ce qui se passe en ce moment.

Le dilemme

C'est la partie que je n'arrive pas à résoudre proprement.

Si aucun développeur n'avait adopté ces outils, on aurait collectivement gardé notre rapport de force. Nos compétences seraient restées valorisées, nos postes ne seraient pas remis en question. Mais ce n'est pas ce qui s'est passé. Certains s'y sont mis avant les autres. Le marché s'est recalibré. Et maintenant le reste d'entre nous fait face à un choix simple : s'adapter ou disparaître rapidement. C'est un dilemme du prisonnier classique, et l'issue coopérative n'est pas réaliste.

J'ai choisi d'assumer la contradiction plutôt que de mettre en scène une bonne conscience que je n'ai pas.

Le problème, ça n'a jamais été qu'un développeur décide d'utiliser un outil. Le problème, c'est une industrie qui voit les gens comme des charges à réduire et un marché qui récompense celui qui les réduit le plus vite. Reprocher aux gens de s'adapter pour survivre, c'est se tromper de cible.

Donc oui, je l'utilise. Et je ne prétends pas que les contradictions n'existent pas. Le coût environnemental est là. L'impact sur les travailleurs aussi. La concentration du pouvoir aussi. Mais la pureté morale n'a jamais résolu un problème de structure. On vit tous avec des contradictions comme celle-là. Votre téléphone, vos vêtements, votre alimentation. L'IA est juste une ligne de plus dans la liste.

J'ai choisi d'assumer la contradiction plutôt que de mettre en scène une bonne conscience que je n'ai pas.

Ce que j'en attends

Si vous envisagez de travailler avec moi, voilà ce que ça signifie en pratique. J'utilise l'IA, avec le même niveau d'exigence que pour du code écrit à la main. Ce site passe par des tests, des audits Lighthouse sur la performance et l'accessibilité, et des contrôles qualité automatisés à chaque déploiement. Les résultats sont affichés sur la page qualité. Plus c'est facile de générer du code, plus c'est la rigueur de celui qui l'utilise qui fait la différence.

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